Une
tragédie à moins de 500 km de Sion qui nous rappelle que les normes
parasismiques et une assurance bâtiment séisme ne sont pas
superflues.
Au moins sept personnes ont trouvé la mort à la suite du séisme
de magnitude 6 qui a frappé le nord de l'Italie dimanche. Plus de
4000 personnes ont été évacuées.
Des milliers d'Italiens ont passé la nuit dans des tentes ou
dans leurs voitures après le tremblement de terre qui a fait sept
tués dimanche matin dans la région de Ferrare. Vingt-quatre
nouvelles secousses, d'une magnitude allant jusqu'à 3,7, ont frappé
la région dans la nuit de dimanche à lundi.
«Nous avons très peur que notre maison s'effondre sur nous, donc
c'est très bien que nous ayons pu dormir dans cette tente»,
témoigne un homme qui a passé la nuit dans le froid, mais en
sécurité, dans la petite ville de San Felice Sul Panaro.
Loin de la polémique qui avait agité l'Italie après le
tremblement de terre de 2009 à L'Aquila, la plupart des habitants
se disent toutefois satisfaits de l'aide qui leur est apportée.
4000 personnes évacuées
«Ils ont mis en place les tentes très rapidement, je me sens en
sécurité», dit une dame âgée, alors que les pluies diluviennes
rendent encore plus difficiles les conditions de vie des personnes
qui ont dû abandonner leur maison ainsi que le travail des agents
de la protection civile qui déblaient les décombres.
Au total, 4000 personnes ont été installées dans diverses
structures, entre les zones de Modène et Ferrare, a indiqué le
préfet de Ferrare, Luigi Mauriello.
Nombreux sont ceux qui ont tenté de dormir dans leurs voitures,
garées sur des parkings de supermarchés ou des places publiques, le
plus loin possible de tout immeuble, de crainte que des murs
s'écroulent. D'autres ont été hébergés dans des centres d'accueil
improvisés.
Plus d'une centaine de personnes ont passé la nuit dans le
gymnase de Sant'Agostino, près de Ferrare. A Finale Emilia, lieu de
l'épicentre à 36 km au nord de Bologne, quatre campements ont été
mis sur pied.
Peur de nouvelles secousses
«Beaucoup de personnes ont encore peur même si leurs maisons
n'ont pas été détruites», explique Sebastiano Lucchi, un
responsable de la Protection civile, qui met la dernière main au
quatrième campement dans le stade de la ville.
C'est le cas de Maria, une retraitée blonde aux yeux bleus: «Il
y a encore des secousses donc nous avons encore peur, mais ici on
se sent en sécurité, même si on est inquiets parce qu'on va
peut-être devoir rester ici pour longtemps».
«Nous avons peur d'un autre tremblement de terre», lâche son
fils Massimiliano, un grand gaillard qui s'effondre en larmes.
Durant la nuit, pas moins de 24 nouvelles répliques ont été
ressenties, dont quatre de magnitude supérieure à 3. La plupart des
répliques ont eu lieu dans les zones de Mirandola, San Felice et
Finale Emilia, les plus touchées par le séisme qui a fait sept tués
et une cinquantaine de blessés.
Les victimes sont quatre ouvriers qui travaillaient de nuit, une
femme âgée heurtée par une poutre et deux autres femmes qui ont
succombé au choc.
Patrimoine dévasté
Après de fortes rafales de vent et de pluie dans la nuit, puis
une brève accalmie, des trombes d'eau déferlaient lundi sur la
zone, mettant à rude épreuve les bâtiments dont les toits ont été
endommagés par le séisme, notamment les églises, particulièrement
frappées.
La photo de la tour de l'horloge de Finale Emilia, brisée en
deux sur toute la longueur, barrait la une de tous les quotidiens
italiens lundi matin sous les titres «Peur et douleur» ou «Nuit de
cauchemar».
Fortement endommagée, la tour s'est complètement écroulée après
une nouvelle secousse dimanche après-midi. «Mille années d'histoire
qui disparaissent», s'est désespéré le maire de la ville Fernando
Ferioli. Le ministère de la culture a confirmé dimanche que les
dégâts au patrimoine culturel étaient «importants».
Lundi, les écoles de la zone devaient rester fermées pour
permettre des contrôles techniques sur la sécurité des
bâtiments.
Le chef du gouvernement Mario Monti a écourté son déplacement
aux Etats-Unis pour rentrer en Italie. «C'est un de ces moments où
le pays doit se sentir uni et solidaire avec ceux qui souffrent, et
je crois qu'il l'est», a-t-il dit à son départ de Chicago, où il
participait au sommet de l'OTAN.
(ats)