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«Le secret bancaire comme il y a dix ans c'est fini!»

«Je le dis depuis longtemps: le secret bancaire comme nous le connaissions il y a dix ans, c'est fini», affirme Sergio Ermotti. «L'accord sur la fiscalité de l'épargne était un premier signe. Mais on a essayé (en Suisse) de reporter encore de cinq ans la solution du problème», ajoute le CEO d' UBS (UBSN 14 0.79%) dans leTages-Anzeiger, au lendemain de l'annonce de la restructuration qui va coûter 10'000 emplois au no1 bancaire helvétique.

Si certaines banques essaient aujourd'hui encore de défendre le secret bancaire, c'est que «certaines n'ont pas le choix», ajoute le patron d'UBS. Mais de manière générale, en matière de secret bancaire, «nous ne pouvons pas parler de morale de manière crédible sans être conséquents».

En d'autres termes, «nous ne pouvons pas dire que le standard que nous utilisons pour le monde entier ne vaut pas en Suisse». Vouloir un double standard, «ce serait une blague»!

12 à 30 milliards de fonds non déclarés

«Chez UBS aussi, nous disions encore, jusqu'à il a y peu, que nous défendrions le secret bancaire envers et contre tout». Si cela n'était pas déjà clair à l'époque, il est devenu vite évident qu'il fallait s'adapter et suivre une nouvelle stratégie, relève en substance Sergio Ermotti. «Mais au lieu de réagir, nous avons tous attendu encore deux ans en Suisse jusqu'à ce qu'on dise que tout devait être changé du jour au lendemain».

Est-ce à dire que tous les fonds déposés à UBS sont aujourd'hui déclarés? «Nous gérons 1600 milliards de francs, dont la moitié aux Etats-Unis. Sur les 800 milliards restants, 12 à 30 milliards sont concernés: ça peut paraître beaucoup, mais cela correspond à l'afflux de fonds frais sur deux trimestres», répond Sergio Ermotti.

La place suisse va perdre 20'000 emplois

Les mesures drastiques annoncées mardi par UBS, avec la suppression de 2500 jobs en Suisse ne sont qu'un début pour la place financière suisse à en croire Sergio Ermotti. Selon lui, il faut s'attendre à plus. «J'ai déjà dit il y a six mois que la place financière allait perdre 20'000 emplois», rappelle-t-il, ce qui correspond à 20% des emplois dans la branche.

A UBS, les réductions d'emplois sont proportionnellement plus faibles. C'est une conséquence de la crise vécue par l'établissement «qui de ce fait a dû changer tôt son modèle d'affaires dans l'Investment Banking. Et ce, pas seulement aux Etats-Unis, puisque qu'«une part de cette activité est réalisée depuis la Suisse».

Les pertes d'emplois actuelles et attendues dans le domaine bancaire en Suisse résultent, selon le patron d'UBS, d'une combinaison entre le rythme d'introduction des nouvelles prescriptions bancaires (sur les fonds propres), leurs coûts et la propension beaucoup plus faible de la clientèle à prendre des risques.

Pour Sergio Ermotti, «la place suisse doit d'abord rétrécir avant que l'on puisse à nouveau parler de croissance». (Newsnet)

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